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Organisation financière | LE PRODUCTIVISTE

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Pourquoi une organisation financière et comment faire ?!

En premier lieu, vous devez faire la part des choses entre les décisions secondaires et celles sur lesquelles vous devez fixer toute votre attention. Bien souvent, les choix financiers que nous avons faits ou que notre entourage fait porte sur un aspect fiscal, l’exemple le plus répandu est la loi Pinel aujourd’hui mais avant elle bien d’autres. Un autre exemple, nos travaux de rénovation énergétique pour l’habitat et le crédit d’impôts, qui ne trouve que très rarement sa rentabilité. Ne mettons pas la charrue avant les bœufs !

Pourquoi avoir un BUT ?!

Nous devons suivre un modèle pyramidal, débuter par le plus important. Cette pyramide (voir graphique) va nous aider à définir nos priorités, ne pas gaspiller notre temps et nos ressources financières (nous l’évoquons par ailleurs : entre la gestion d’un bien immobilier en dur et une part de fonds immobilier il y a de grandes différences à ce niveau) et pour finir mettre en place notre organisation de gestion financière.

À la base de la pyramide, nous trouvons les activités qui nécessitent le plus d’investissement en temps et en ressources de notre part. Et au sommet, les moins importantes (vous noterez que la fiscalité et le choix des actifs spécifiques sont moins importantes que l’allocation d’actifs par exemple… )

Pour le débutant, cette démarche lui permettra de trouver le bon chemin vers une organisation financière efficace et pour l’investisseur expérimenté cela constituera un guide de contrôle.

Donc ce n’est pas le choix de tel type de véhicule d’investissement qui importe le plus mais combien on épargne, comment on va procéder pour l’allocation d’actifs (pour faire simple ici, quelle part met on sur les actions, les obligations, les matières ou bien sur l’or et l’immobilier…et comment on va pondérer à intervalle régulier).

Ci-dessous une illustration de cette démarche d’organisation financière. À la base les tâches les plus importantes (avoir un but ; combien épargner ; définir une allocation d’actifs ; connaître son comportement ; optimiser sa fiscalité ; sélectionner des supports d’investissement).

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On s’inspire de la To-Do-List (liste de tâche à effectuer), mais à chaque item on ajoute un poids de priorité.

Avant toute chose, il est nécessaire d’avoir un but mais le plus souvent on souhaite mettre du beurre dans les haricots comme se constituer un complément de retraite. Mais sur ec dernier point, nous devrions peut-être renverser la perspective et considérer que la retraite qui nous sera versée dans un futur pas si lointain sera plutôt un complément mais que le principal du financement de retraite sera à notre charge (pensez juste qu’un retraité allemand sur 3 en 2017 devait reprendre un emploi pour vivre). Toujours sur la retraite, il peut se passer plusieurs décennies avant que vous n’y ayez droit, et l’inflation réelle va considérablement affecter votre pouvoir d’achat. La plupart des actifs habituels sont incapables de vous protéger sur ce point, et le risque que vous preniez votre retraite avec un pouvoir d’achat dégradé des 2/3 par rapport à celui que vous avez aujourd’hui est déjà d’actualité.

Je vous propose de vous reporter au chapitre sur les intérêts composés pour vous convaincre qu’après 25 ans et pour maintenir votre pouvoir d’achat

Prenons un exemple : votre revenu mensuel est de 1500 euros, et votre retraite est prévue dans 25 ans, vous pouvez épargner 300 € par mois et vous confiez votre effort d’épargne à la caisse d’épargne sur un Livret A (avec un taux de 1,5), une inflation annuelle (fausse mais officielle) de 2 %. Vous aurez ainsi versé 90000 euros au final, mais les intérêts accumulés sont ridicules avec juste 19100 euros (en 25 années). Mais ce n’est pas tout, ce différentiel de taux entre l’épargne et le coût de la vie (même si c’est très inférieur à la réalité) est également considérable et cela retranche 26550 euros à l’effort colossal d’épargne que vous avez accompli. **Votre bilan est donc négatif sur le plan de votre pouvoir d’achat (et cela sans compter l’effet d’une fiscalité dès que vous dépassez le plafond d’exemption d’impôts)¨¨.

Nous y reviendrons constamment, mais votre premier travail va consister à rechercher des actifs qui délivrent une rentabilité annuelle sur le long terme nettement supérieure à l’inflation réelle (soyez lucides, le calcul précédent est déjà très négatif, mais le différentiel avec l’inflation réelle est cauchemardesque et ce dernier qui nous importe).

Le complément de cette recherche essentielle consiste à bâtir une allocation d’actifs (un portefeuille) suivant une pondération qui sera révisée à délai raisonnable.

Essayez de planifier vos besoins d’argent aux moments clés de votre vie, la retraite n’est que l’un des derniers, sachez que vos enfants vont devoir faire des études et que vos besoins financiers seront importants à ec moment là, que vos enfants et vos petit-enfants auront besoin de voter soutien bien avant que vous n’atteignez l’âge de la retraite. Vous pouvez également subir des accidents de la vie, le chômage ou la maladie qui vont solliciter vos finances. Vous souhaitez peut-être créer votre entreprise ou bien investir dans les projets de vos enfants ou de vos amis, soyez prêts pour ces moments.

Notre démarche relève en quelque sorte de la gestion de projet, avec une allocation de ressources. Peut-être devrions-nous utiliser les outils disponibles ?

Résumons :

• définir nos objectifs, notre but
• Quantifier nos besoins actualisés (par l’inflation réelle)
• Planifier dans le temps
• Et fixer des priorités (en effet, notre revue régulière de notre plan va nous contraindre à réviser nos priorités, en éliminer, en ajouter, etc…) 
• Pour chaque objectif, déterminer le type d’investissement et sa rentabilité financière (les taux nets de frais et de fiscalité)
• Et définir un taux d’épargne (mensuel par exemple)
Définir un taux d’épargne

On se paie en premier, dès notre salaire encaissé, on vire son effort d’épargne et le solde résiduel constitue nos dépenses. En quelque sorte on fixe notre taux de dépenses. Il va falloir élaborer notre budget courant et le tenir au jour le jour.

Soyons clairs, soutenir un taux d’épargne nécessitera des coupes dans les dépenses, et plus précisèment un abandon net et définitif de certaines dépenses.

Un exemple : si vous souhaitez épargner 25 euros chaque mois, vous pouvez prendre un abonnement sur votre smartphone à 2 euros, et pour 4 personnes vous obtenez immédiatement 100 euros, facile non ?! Ajoutez : les abonnements aux chaines TV, réceptions, appéritifs, tabac, shopping compulsif, la VOITURE (enfin, le modèle qui vous a fait flasher mais qui vous coûte un bras), et les facilités de crédit aux noms si doux de votre banque et vous aurez rapidement vos 300 euros d’effort d’épargne mensuel !

Dorénavant, assurés de votre effort d’épargne mensuel, attelons-nous à rechercher et cibler les classes d’actifs qui rapportent plus que l’épargne classique (les livrets, les assurances-vie, l’immobilier locatif, ec…).

Définir un taux d’épargne et un taux de dépense est bien plus important que la sélection de vos investissements. Aujourd’hui, vous disposez de nombreux outils de gestion de budget pratiques et faciles à utiliser, pour vous aider à maîtriser vos dépenses. C’est un bon moyen pour vous assurer que vote objectif de taux d’épargne est respecté. Cet article (en anglais) vous donnera des premières explications ainsi qu’un modèle de gestion budgétaire basique.

Les lecteurs retraités de Morningstar.com savent l’importance de bien maîtriser son taux de dépense. La différence entre un taux de retrait de 4% ou de 6% a un impact considérable dans la viabilité de votre plan de retraite. Etre en mesure de maîtriser son taux de retrait ou de dépense joue un rôle important dans la gestion de sa retraite.

Choisir une allocation d’actifs

Nota : nous allons aborder également un point essentiel, la liquidité. La liquidité est la disponibilité du marché à effectuer la transaction dans des volumes suffisants. Ainsi, vendre un bien immobilier prend du temps et le résultat de la vente est lié à l’équilibre du marché avec suffisament d’acheteurs. De même, acheter ou vendre une action ou ETF est plus sûr si le titre est dit « liquide », et vendre si les acheteurs ont déserté le marché va être difficile et se soldera par un très mauvais prix de transaction.

L’allocation d’actifs consiste à déterminer la part des différentes classes d’actifs et la composition de celles-ci : actions, obligations, cash, matières (dont précieuses), et immobilier en propre. Au sein de la classe actions on peut procéder également à une allocation par : secteurs géographiques (ex : monde, europe, amérique du nord, asie, émergents, etc..), économiques (ex: technologies, télécommunications, assurances, agroalimentaires, immobilier et construction*,etc…). La façon dont vous construisez une allocation (au sein de voter portefeuille global) est d’une importance cruciale.

Bien qu’en acquérant vos obligations au travers d’ETF et reduisant considérablement la part des frais (que les fonds et assurances-vie prélèvent), vous ne ferez qu’une performance médiocre si vous n’allouez pas une part majeure aux actions. Du moins sur le moyen et long terme (qui est votre but), seules les actions vont superformer. Les autres classes d’actifs, au travers de la pondération régulière vont compenser les habituels replis de la bourse, ce qui justifie pleinement l’allocation d’actifs.

Le risque est principalement maîtrisé par la liquidité (nous l’avons évoqué), mais la diversité. Jugez-en, un ETF Monde tous pays (ACWI), est constitué selon l’indice ACWI de MSCI et réplique les 1700 plus importantes entreprises mondiales. Autant dire que l’on est diversifié selon la géographie et les secteurs économiques. Alors que si vous ne possédez qu’un fonds CAC40 français, vous êtes faiblement diversifié avec 40 plus importantes entreprises françaises, voire quelques actions spécifiques telles que LVMH, Air Liquide ou Crédit Agricole et EDF. Nous n’évoquerons pas les épargnants ayant tout misé sur Eurotunnel… Le minimum d’allocation géographique pour nous français est consitué par l’Europe (y compris le Royaume-Uni).

Notre exercice en matière d’obligations doit nous inciter à allouer nos fonds selon la géographie avec le plus gros marché, les obligations US (en $), et le marché européen (en €), et les obligations corporate (les grandes entreprises) dont les taux sont nettement plus rémunérateurs.

Mais que serait notre allocation si nous ne corrigeons pas le risque de taux de change monétaire, et le taux d’inflation en allouant une part significative à l’OR. L’OR est liquide et sa valeur est stable depuis des milliers d’années. Nous verrons par ailleurs qu’il corrige parfaitement le dollar US ($), et même l’Euro (€).

Une bonne allocation d’actifs va consister à répartir nos fonds dans des classes qui à la fois sont performantes mais se compensent entre-elles sur le court, moyen et long terme. Rien n’est plus risqué que d’avoir allouer la totalité de ses fonds à une classe d’actif telle que : assurance-vie avec rente en contrats euros qui sont passés d’un taux de 7 % à 1,5 % en moins d’une décennie…alors même que les actions explosaient à la hausse ….De même, et nous le verrons en détail, la comparaison entre le rendement locatif résidentiel et un portefeuille centré sur les entreprises cotées en bourse des secteurs de : la promotion immobilière, les constructeurs, les grands groupes de BTP, les grandes foncières immobilières, et pour finir les grands industriels produisant les matériaux et matériels de construction, est tout simplement incroyable !.

Attention à votre comportement

Votre allocation d’actifs est désormais construite, le plus important va être de vous y tenir, ne pas chambouler tout cet équilibre dès que les marchés financiers se mettent à corriger. Ces mouvements sont pris en compte dans la pondération et la diversification de vos classes d’actifs, quand les actions performent, les obligations à la baisse, vice et versa…compenser le dollar par l’euro aux travers de vos allocations va neutraliser l’effet de ces mouvements, de même l’or va compenser l’effet de l’inflation ou bien compenser l’effet dollar sur vos classes d’actifs telles qu’actions et obligations US.

La chose la plus importante consiste à faire votre travail en profondeur, par l’acquisition des connaissances et du language de la finance de marché. Le risque est partout, mais vous pouvez contrôler ce risque. Imaginez un skipper préparant sa grande course au large ?! Est-ce qu’il se prépare pour le beau temps ou pour affronter la grande tempête ?! La réponse est la grande tempête, il va tester chaque élement vital à bord, encore et encore, et plus encore, il va s’entraîner ! Pour vous et votre portefeuille, ce sera la même chose, avec une allocation d’actifs qui va prendre le meilleur du beau temps sur les marchés, et qui va résister sereinement face aux crises qui ne manquent jamais d’arriver. Combien de crises avez-vous vécu ? Plus que vous ne le pensez et pourtant le monde financier continue d’avancer….

Nota : notre éducation, notre entourage et plus particulièrement les professionnels de la finance que nous cotoyons (notre banquier, notre assureur, notre caisse de retraite, etc..) nous saturent de risque, insuffle la peur dès que le mot argent est prononcé. Et paradoxalement, tout nous porte vers les placements de père de famille (les livrets, les assurances-vie, etc..), les valeurs refuges (la pierre) quand bien même ils ne sont pas diversifiés, pas liquides, et soumis au bon vouloir des autorités fiscales….Ah ils ont tous en commun d’offir des taux nets de frais et d’impôts très inférieurs à l’inflation officielle, et pire l’inflation réelle. Ce qui apparaît « non risqué » vous fait porter en fait un très grand risque au travers de la perte de capital et de pouvoir d’achat quand vous aurez besoin de votre épargne. Votre comportement sera dicté par soit votre connaissance du sujet, soit votre ignorance de ce sujet. N’attendez donc pas de votre entourage un éducation ou des alertes justifiées par la réalité de la finance de marché mais les lieux communs qui justifient la distribution des produits non performants déjà évoqués. L’autre point très important qui vous permettra de choisir à la fois vos classes d’actifs et les types de supports consiste à bien déterminer le taux de frais que l’émetteur va vous prélever. Ainsi une assurance-vie peut vous promettre un rendement de 1,5 % mais les frais seront d’au moins 1%, votre rendement net ne sera plus que de 0,5 % (loin de compenser une inflation officielle à 1,5 %…). Les assurances-vie délèguent la gestion des fonds collectés à des gestionnaires de fonds qui eux-mêmes facturent des frais astronomiques et qui en sont pas justifiés par les performances (les études montrent que 97 % des gestionaires de fonds font moins bien que le marché au global).

Nous présenterons plus tard, les résultats du fonds national des retraites qui délègue la gestion des réserves à des gestionaires de fonds, avec 80 % de frais de gestion et de change, le résultat net est de 2 % pour les retraités (4 fois plus pour ces professionnels d’élite). Alors en conclusion, faîtes le travail vous-même, l’enjeu en vaut le coup !

Optimisez votre fiscalité

Votre attention : le sujet de la fiscalité est crucial, méfiez-vous de la complexité en la matière, des bonnes idées (qui n’en sont que rarement), des annonces sans lendemain, des engagements sur le moyen et long terme (l’immobilier) qui paralysent vos fonds (sortir d’une loi Pinel avant terme c’est perdre les avantages fiscaux et éventuellement rembourser les sommes considérées acquises). Le plsu souvent, une fiscalité plus douce est assortie d’un investissement dans une classe d’actifs ou un actif dont la rentabilité financière insuffisante (considérez cela et observez les actifs ayant une fiscalité faible sont les moins productifs financièrement).

Que faut-il ?! Un portefeuille d’ETF actions US qui délivre sur 50 ans un bon 10 % par an, payer son impôt à la source de 7% ou bien tout investir sur une assurance-vie qui délivre un 0,5 % net de frais et qui va dorénavant être assortie d’une flat tax de 30 % prélevée à la source (projet actuel) …dans un cas 30 % sur du 10 % de rendement contre 30 % sur du 0,5 % …

En matière de fiscalité, sachez que les riches ne cherchent pas conseil auprès de leurs banquiers-vendeurs de produits packagés mais auprès des meilleurs fiscalistes qu’ils paient pour leurs conseils …Posez-vous la question ! Pourquoi ?!

Finalement passons aux supports d’investissement

Tout en haut de pyramide, nous terminons par la sélection des supports d’investissements qui vont correspondre à notre allocation d’actifs.

Qu’allez vous prendre en compte ?!

La qualité du véhicule d’investissement (son émetteur, l’équipe de gestion, le volume du fonds, sa liquidité, les places de marché sur lesquelles il est coté, ses frais de gestion). Vous vous souviendrez de la loi des intérêts composés et son impact final entre par exemple des frais de 0,15 %-0,30 % (ETF) et de 1% (Fonds).

Vous opterez peut-être selon votre situation familiale pour une assurance multi-supports et libre (qui vous permet de choisir les fonds ou ETF selon vos critères). D’autres, parmi les plus jeunes opteront peut-être pour un PEA ou un PEA-PME, mais la solution la plus simple reste le compte-titres.

Sachez que deux types de gestion de portefeuille existent : la gestion passive (celle que vous effectuez aux travers de fonds ou ETF indiciels), ou bien la gestion active que vous obtenez avec l’aide d’un gérant de portefeuille et de fonds qui vous assure selon les dires une superformance (mais qui après prélévement des frais de gestion n’offre qu’une performance nettement inférieure à une gestion passive). Enfin, nous devons présenter la nouvelle gestion au travers de robots advisors (des conseillers robots basés sur les techniques du machine learning et de l’intelligence artificielle) dont les performances et les coûts sont très corrects (nous citons par exemple ici la fintech Yomoni en France).


  • Vous noterez que vous pouvez exposer votre portefeuille à l’immobilier et à la construction au travers des actions, ou parts de SCPI (Société Civile de Participation Immobilière), sans pour autant mobiliser une part excessive de votre épargne sur le financement d’un bien immobilier (ce qui vous évite d'augmenter votre risque par manque de diversification).
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“Le ministère des Finances devrait s'appeler ministère de la Misère puisque le ministère de la Guerre ne s'appelle pas ministère de la Paix.”
De Jacques Prévert / Histoires
“Le requin est un animal cruel et mythique qui ne se trouve plus guère que dans les basses eaux de la finance.”
De Philippe Bouvard
“Le mouvement des marées et le mouvement des capitaux sont les deux mamelles du mouvement perpétuel.”
De Pierre Dac